Retour en France : comment se préparer pour retrouver un emploi ?

Guide pour reprendre une activité professionnelle en France après une expatriation en Espagne

Quand l’heure du retour en France a sonné, chacun revient de son expatriation avec une histoire propre. Il faut arriver à repartir sur un nouveau pied, refaire son trou et se réadapter sur un plan professionnel et personnel. Sans aucun doute, il faut s’y préparer. D’autant plus que vous aurez plein d’autres choses à organiser pour un atterrissage en douceur : déménagement, logement, inscription des enfants à l’école, formalités administratives, etc. 

Vivre dans un pays étranger peut être synonyme de changement de parcours, de formation, d’actions de bénévolat voire d’entreprenariat. Comment transposer cette expérience une fois rentré en France, la faire fructifier, changer de voie ou retrouver son ancien poste quitté il y a plusieurs années ?

Quelle que soit votre situation, voici les bons réflexes à adopter pour réussir votre retour à l’emploi.

Démarches administratives avant de quitter l’Espagne

Bonne nouvelle ! Les règlements communautaires de l’Union européenne prévoient l’indemnisation du chômage lors d’un retour en France si vous avez travaillé en Espagne. Donc, si vous êtes demandeur d’emploi en Espagne, vous devrez vous munir du document U2 pour continuer à toucher vos prestations chômage une fois rentré en France. Vous devez solliciter ce formulaire auprès de la SEPE (Servicio Público de Empleo Estatal). Il atteste la durée du maintien de vos droits dans la limite de 3 mois avec la possibilité d’être prolongée jusqu’à 6 mois. Attention, à partir de la date d’obtention du document U2,  vous ne disposez que de 7 jours pour vous inscrire auprès d’une agence Pôle emploi en France. 

Sinon, procurez-vous le formulaire U1 auprès du même organisme. Ce document retrace les périodes d’emploi dans le pays de l’Espace économique européen (EEE) où vous avez résidé. Il permet ainsi de calculer vos droits aux allocations chômage en France si vous y perdez votre emploi. Vos droits seront alors calculés sur la base du dernier salaire perçu en France. L’imprimé U1 est indispensable pour vous inscrire à Pôle emploi. Par ailleurs, pensez à rassembler tous les autres documents attestant d’une activité à l’étranger (certificat de travail, bulletins de salaire et contrat de travail). Si vous êtes inscrit auprès du Consulat sur le registre des Français à l’étranger, pensez à vous faire radier. Ce document peut vous être utile pour justifier du temps passé en Espagne. Il vous permettra d’accéder à différents services administratifs une fois en France.

Prendre de l’avance pour optimiser l’efficacité de votre recherche d’emploi une fois sur place

Si vous savez déjà à quel type de poste, vous souhaitez postuler (fonction, secteur, zone géographique), félicitations ! Dans ce cas, mettez-vous à jour et préparez le terrain. Réactiver son réseau prend du temps ; on ne vous attend pas et l’état du marché du travail en France a certainement évolué depuis votre départ.

Actualisez votre CV et votre profil LinkedIn

Première chose à faire : mettre à jour de votre profil sur LinkedIn et Viadeo. Cette actualisation envoie une notification (vérifiez que cette dernière n’est pas désactivée) à vos relations qui par la même occasion voit émerger votre profil parmi plein d’autres. Surtout, valorisez votre expérience espagnole car vous avez des atouts ! L’autonomie, la capacité d’adaptation et savoir se réinventer sont sans conteste de grandes qualités. Expliquez les raisons de votre départ et de retour. Précisez vos compétences techniques en vérifiant que les mots-clés de votre secteur sont bien renseignés. Grâce à eux, vous pourrez être repéré par des recruteurs.

Renouez avec vos contacts sans perdre de temps

Vos amis et famille sont déjà au courant de votre retour en France, normal ! Mais qu’en est-il des personnes moins proches ? Informez de vos intentions votre second cercle de connaissances, vos amis d’amis, anciens collègues, fournisseurs ou clients. Eux-mêmes sont des sources précieuses de renseignements. Ils sont susceptibles de vous faire part d’opportunités de travail. Un petit coup fil ou un tête à tête quand cela est possible, est toujours plus efficace qu’un message écrit. Les fédérations, chambres syndicales ou Chambres de commerce donnent également accès à des informations et des contacts potentiels à solliciter. Il existe aussi des associations comme l’APEC (Association pour l’emploi des cadres) et l’APECITA (Association pour l’emploi des cadres, ingénieurs et techniciens de l’agriculture et de l’agroalimentaire) présentes sur tout le territoire qui accompagnent les cadres et diffusent des offres d’emploi. Usez et abusez de toutes ces possibilités ! L’important est d’éviter de rester seul devant son ordinateur.

Démarrez votre recherche d’emploi avant de partir

Contactez directement les entreprises qui vous intéressent via les réseaux sociaux ou leur site Internet. Faites-vous connaître des cabinets de recrutement et créez-vous des alertes sur les sites d’offres d’emploi pour détecter les sociétés qui recrutent. Gardez à l’esprit les entreprises qui ont un lien avec votre activité en Espagne ou bien celles qui valorisent les profils internationaux. Votre expérience peut fortement les intéresser. Rassurez vos interlocuteurs sur votre stabilité géographique, sans oublier d’indiquer une adresse sur votre CV, en France de préférence. Dans un premier temps, faire le choix de l’intérim ou d’un contrat de courte durée peut être une porte d’entrée satisfaisante pour décrocher ensuite un poste plus durable. Quoiqu’il en soit, pour démarrer une recherche d’emploi en France, il est conseillé de s’inscrire au Pôle Emploi afin d’accéder aux offres et publier votre profil en ligne. Aussi, vous pourrez bénéficier de conseils et de services tels que l’Évaluation des compétences et des connaissances professionnelles (ECCP) pour bien orienter vos recherches. Pôle Emploi prévoit également des solutions pour les travailleurs ayant démissionné afin de suivre leur conjoint expatrié. Pour de plus amples renseignements, rendez-vous sur le site France Diplomatie.

Lisez l’actualité économique de votre secteur

Revenir la fleur au fusil sans prendre la mesure de l’évolution du marché pendant votre absence peut jouer des tours. Que ce soit pour vos entretiens ou votre recherche d’emploi, il est indispensable de vous remettre dans le bain. Les problématiques et les enjeux de votre domaine d’activité ont certainement changé depuis que vous avez quitté la France. Abonnez-vous aux newsletters de votre métier et suivez l’actualité économique qui vous concerne ; cela peut également vous donner des idées d’entreprises à démarcher. Les bulletins, revues et supports spécialisés de votre branche sont des mines d’or à exploiter.

Rentrer pour repartir sur de nouvelles bases

Vous avez un projet à développer en France

Rentrer dans son pays d’origine peut également donner envie de mener à bien un projet d’entreprenariat qui vous tient à cœur. Cela suppose une longue réflexion qui se nourrit d’études et de renseignements clés. Certaines démarches peuvent s’avérer lentes sans compter les obstacles auxquels vous aurez peut-être à faire face. Il est donc recommandé de mûrir un maximum votre projet en amont. Une fois sur place, vous passerez à l’action avec les idées claires pour sa mise en œuvre. Certains choisissent de se faire accompagner par un coach. Il est aussi possible de trouver de l’assistance, des informations et des méthodologies à la création d’entreprise auprès d’organismes comme BPI France Création. Certaines associations plus ciblées comme celles dédiées aux femmes ont pour mission d’aider et de mettre en relation des entrepreneuses ou porteuses de projet. Parmi elles, nous comptons : Femmes Entrepreneures, Créactives ou Force Femme.

Vous profitez de ce retour en France pour faire le point

Une expérience à l’étranger change une personne. Votre mode de vie a évolué, vos priorités ne sont plus les mêmes et donc vous envisagez l’avenir différemment. Ainsi, le retour en France peut être l’occasion de faire un bilan professionnel et personnel pour repartir sur d’autres projets. Si vous avez décidé de réaliser un bilan de compétences, plusieurs options s’offrent à vous en fonction du temps dont vous disposez avant votre départ. Faire un bilan de compétences :

  • en Espagne avec un coach francophone : vous en trouverez certainement un correspondant à vos attentes grâce aux réseaux locaux d’entraide de Français
  • sur Internet : le coaching à distance est devenu très courant
  • une fois arrivé sur votre nouveau lieu de résidence

Le site Le bilan de compétences est un annuaire qui répertorie par région, département et ville des centres proposant des bilans de compétences. Vous pouvez y solliciter également des prestations en ligne depuis l’étranger. En France, vous trouverez une offre plus large de possibilités, notamment des associations telles que l’Avarap qui propose d’accompagner les cadres dans leur construction de projet professionnel pour un budget très raisonnable. ICI Formation est une autre plateforme avec un spectre plus large de services. Elle couvre tous les domaines d’employabilité des salariés : outplacement, bilan de compétences, accompagnement à la VAE… Vous pourrez ainsi identifier et contacter directement les prestataires qui vous intéressent. Ils sont en général tous certifiés et éligibles CPF (Compte Personnel de Formation) .

Vous avez acquis des expériences que vous désirez valoriser

Vous avez profité de cette parenthèse espagnole pour acquérir de nouvelles compétences sur le terrain rémunérées ou bénévoles. Il est possible de faire valoir vos acquis en France en obtenant un diplôme ou un certificat correspondant à vos qualifications. Cette démarche a pour objectif de sécuriser vos connaissances. Il est parfois proposé de les compléter avec une formation afin d’accéder au titre visé. Cette solution peut vous donner de nouvelles opportunités professionnelles et vous ouvrir les portes d’entreprises. La VAE (Validation des acquis de l’expérience) est un permis pour la mobilité professionnelle. Toutefois, il faut garder à l’esprit qu’il s’agit d’un parcours de longue haleine (de 6 à 12 mois en moyenne) : constitution d’un dossier, étude de votre demande, validation par un jury, etc. Renseignez-vous sans tarder. Pour les Français expatriés, un autre portail leur est dédié : http://e-vae.com/. Pour les bénévoles, le passeport bénévole peut également constituer une manière de valoriser le travail effectué auprès d’associations ; reconnu par divers organismes publics, il est très utile dans le cadre d’une recherche d’emploi ou de mission dans le milieu associatif.

Vous l’avez compris : reprendre ses marques professionnelles au retour d’expatriation n’est pas un chemin jonché de roses mais rien ne sert de courir, il faut se donner le temps et les moyens.

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Article rédigé par Caroline Pénat

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